Nouveau-Brunswick

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Histoire


Au tout début du XVIIe siècle, une centaine de familles françaises donnent naissance à l'Acadie en s'établissant près des rives de la baie Française (baie de Fundy). Dotés d'un sens communautaire peu commun, les Acadiennes et Acadiens développent petit à petit une culture qui leur est propre, dans un environnement nouveau dont ils essaient de tirer le meilleur parti à des fins agricoles. Leur nombre croît pour atteindre environ 16 000 membres en 1755.

Fortement disputée, l'Acadie passe aux mains des Anglais en 1713 et les Acadiennes et Acadiens deviennent ainsi les sujets de la Couronne britannique. Les jugeant trop prolifiques et surtout incapables de montrer une réelle fidélité au monarque de Grande-Bretagne (refus répété de signer le serment d'allégeance), le lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Charles Lawrence, avec l'appui du gouverneur William Shirley, du Massachusetts, décide, en 1755, de leur déportation vers les colonies américaines. Plusieurs familles acadiennes fuient vers l'actuel Nouveau-Brunswick. D'autres les rejoindront au retour de l'exil. Ils s'installent sur des terres souvent de piètre qualité, pratiquant l'agriculture et l'élevage, mais aussi, dans une certaine mesure, la pêche ou la coupe du bois. Minoritaires, les Acadiennes et Acadiens du Nouveau-Brunswick sont aussi en situation de retard économique, ayant été contraints de coloniser de nouveaux territoires avec un minimum de ressources accumulées et sans capital.

C'est autour de la paroisse et du village que se reforment les communautés acadiennes, isolées au nord et à l'est de la province. S'il ne fait aucun doute que cet isolement les empêche de profiter pleinement d'une économie de marché en plein essor, il permet en revanche à la culture acadienne de se perpétuer. Les Acadiennes et Acadiens mettent sur pied des écoles, couvents et hôpitaux avec l'aide des communautés religieuses. L'émergence du nationalisme acadien s'effectue au cours de la période 1860-1890. Elle est précédée de la levée des interdits pesant sur l'éducation catholique et d'une certaine prospérité économique. La Société nationale L'Assomption, rebaptisée plus tard Société nationale des Acadiens, est fondée en 1881. La création du premier collège à Memramcook, en 1864, et la naissance d'un journal de langue française (Le Moniteur acadien) à Shédiac, en 1867, donnent à l'Acadie du Nouveau-Brunswick un souffle nouveau.

Sous la gouverne du premier ministre acadien élu, Louis J. Robichaud, la province du Nouveau-Brunswick est déclarée bilingue à la suite de l'adoption de la Loi sur les langues officielles de 1969. La Société des Acadiens et Acadiennes du Nouveau-Brunswick (SAANB), comptant 20 000 membres, prend forme en 1973. La dualité linguistique au sein du ministère de l'Éducation et la longue lutte pour des conseils scolaires homogènes de langue française sont le fruit de ses premières années de travail. La Loi sur l'égalité des deux communautés linguistiques du Nouveau-Brunswick, adoptée en 1981, est reconnue dans la Constitution canadienne en 1993. Le Congrès mondial acadien de 1994 et le VIIIe Sommet de la Francophonie de 1999 ont confirmé le regain de fierté et d'affirmation de la communauté acadienne. En 2002, le gouvernement du Nouveau-Brunswick adopte une deuxième Loi sur les langues officielles, qui vient remplacer la loi adoptée en 1981, désuète.

En 2004, toute l'Acadie fêta son 400e anniversaire.
Sources

Modification : 2013-04-20